Jordanie

Sébastien Loeb et Daniel Elena ont remporté leur 56e victoire au rallye de Jordanie et augmentent leur avance au championnat du monde des rallyes. Citroën Total WRT profite de ce résultat pour s’installer en tête du classement des constructeurs.

2è Rallye de la Jordanie

Un rallye dans le désert

Organisé pour la première fois en championnat du monde en 2008, le rallye de Jordanie est réapparu cette année au calendrier du WRC après avoir respecté la règle de l'alternance d'une saison, imposée par la FIA à toutes les épreuves. Après la Suède et le Mexique, la Jordanie propose un décor très contrasté, quasi désertique sur les rivages surchauffés de la Mer Morte. Les paysages rocailleux et secs à 400 mètres au dessous du niveau de la mer, soit le point le plus bas de la planète, et nettement plus verdoyants autour d'Aman, la capital du royaume, située à 700 mètres, offrent des perspectives illimitées aux objectifs des photographes. Le parcours, unanimement considéré comme le plus difficile, a peu évolué à l'occasion de cette deuxième édition d'une épreuve, qui compte chaque année pour le championnat du Moyen-Orient. A l'exception de la cérémonie de départ donné le jeudi matin dans le grandiose site archéologique romain de Jerash.

La particularité de ce troisième rendez-vous de l'année est de se dérouler du jeudi au samedi, respectant à la lettre une volonté de la Fédération Internationale qui laisse plus de liberté d'action aux organisateurs. La pluie tombée fin mars a entamé le revêtement des spéciales qui ont subi, par endroit, une réfection tardive. Le sol se révèle moins dur qu'en 2008 et surtout beaucoup plus glissant. Une fois encore lors d'un rallye sur terre, la position dans l'ordre des départs devraient jouer un rôle crucial. Leader du championnat et donc premier sur la route le jeudi, Sébastien Loeb en est conscient : « Ce sera un désavantage ici mais il faut faire avec. C'est la règle du jeu. On verra bien comment ça se passera. » La première étape est logiquement dominée par les pilotes s'élançant au-delà de la 5e position et qui profite de trajectoires offrant une meilleure adhérence au sol. Le résultat de la journée se révèle favorable à l'équipe Citroën Total avec Sébastien Loeb placé en 3e position juste derrière son compatriote Sébastien Ogier. A l'inverse, Dani Sordo préfère rétrograder à la 6e place afin d'être bien placé le lendemain.

Jordanie (...)

Loeb monte en puissance

Le championnat du monde des rallyes s'apparente parfois à un jeu d'échec où chaque équipe tente de placer au mieux ses différents équipages. Mais les stratégies les plus fines sont parfois contrariées par une erreur de pilotage telle que celle subie par Mikko Hirvonen. Dès la première épreuve du vendredi, le principal rival de Loeb part à la faute sur une bosse, détruisant partiellement sa Ford Focus. Même s'il pourra revenir le samedi en Super Rally pour aider son équipe, le Finlandais ne marquera pas un point dans le championnat pilote. Jari-Matti Latvala, toujours en tête, se retrouve alors isolé face aux pilotes des C4 WRC, officielles ou privée comme celle de Petter Solberg.

L'effort de Sébastien Loeb va être récompensé en cours de journée lorsque le sextuple champion du monde s'empare du commandement puis creuse l'écart : « Je n'aime pas les stratégies qui consistent à ralentir afin d'être mieux placé sur la route le lendemain. Avec l'équipe, nous avons considéré qu'une avance d'une trentaine de secondes le vendredi soir, pouvait s'avérer suffisante. Latvala n'a pas ralenti le premier jour et c'était fair-play de sa part. Je fais pareil. On verra bien demain si cette tactique est la bonne. » La dernière étape se révèle fort chaotique avant même le départ de la première épreuve chronométrée. Mikko Hirvonen et Sébastien Ogier pointent en avance afin de modifier leur position sur la route en se plaçant respectivement devant Latvala et Loeb afin de nettoyer les trajectoires. Au terme des 105 kilomètres de spéciales, l'ordre du classement n'évolue pas, Sébastien Loeb remportant son 56e succès, le second en 2010, qui le propulse largement en tête du classement général : « J'ai attaqué très fort dans les deux premières épreuves du matin et quand j'ai vu que Latvala avait perdu du temps, j'ai compris que la victoire était envisageable. »

L'esprit du sport a ainsi été préservé. A l'instar de son équipe, le Français prône pour une modification des règles à l'occasion de la prochaine manche programmée dans deux semaines en Turquie sur un parcours totalement inédit au sud d'Istambul. « C'est peut-être un peu trop tôt pour bouleverser la règle mais il me semble possible de limiter assez facilement les conséquences d'un pointage en avance volontaire. L'éthique sportive doit prévaloir. »